Du grec êthos = le caractère habituel, la manière d’être, les habitudes communs à un groupe d’individus, et logia = suffixe désignant la science ou l’étude. Il s’agit d’une science au même titre que la physique ou les mathématiques. Cette science étudie le comportement d’individus (humains ou animaux) dans un milieu donné (En Irlande par exemple, dans la forêt, dans une entreprise, etc…).
L’éthologie équine est une branche de l’éthologie qui se concentre sur des chevaux en troupeaux vivant dans la nature sans intervention de l’homme. Cela permet de mieux comprendre le fonctionnement du cheval, son mode de communication et ses besoins en tant qu’espèce animale. Cette science observe aussi le comportement des équidés dans un environnement humanisé, on parle alors d’éthologie appliquée. Cette dernière appliquée au chevaux domestiques est apparue depuis peu.

Attention : Ici le mot équitation a été étendu (souvenez-vous : le mot latin ‘equitar’, aller à cheval), il ne regroupe plus seulement le travail monté, mais aussi le travail à pied, etc… Ici équitation signifie le mode de communication utilisé pour échanger avec un équidé.
Intéressons-nous à notre partenaire à quatre jambes.
Dans la nature, nous avons classé le cheval en tant que proie. Mais pourquoi est-ce une proie ? C’est une être-vivant chassé par d’autres dit carnivore. Le mouton est une proie du loup. Le moustique est une proie des plantes carnivores. L’humain est une proie du moustique. Par contre, le moustique n’est pas une proie dans le sens premier de l’humain car ce dernier ne le mange pas. Cependant, dans le sens figuré du mots proie, le moustique est bien une proie de l’humain. L’animal qui chasse la proie, s’appelle un prédateur.
Afin de survivre aux prédateurs, les équidés ont développé la capacité à courir très vite mais aussi une grande sensibilité à leur environnement. Le cheval court en moyenne plus vite qu’un lion et sur une plus longue distance. Le lion lui, est capable de courir vite mais se fatigue très vite.
Quand est-il du contact avec l’homme ?
Le cheval serait apparu 70 millions d’années avant nous, l’homme. Cependant, cela ne fait que 5 000 ans qui nous avons des contacts avec lui. Chassé au départ pour sa viande et sa peau, l’équidé est ensuite devenu un compagnon de guerre, de chasse, de transport, et plus tard de travail dans les champs. Suite à l’arrivée des voitures, l’équidé s’est converti en cheval de sport et de loisir que nous connaissons aujourd’hui en France.
Mais alors, comment un prédateur comme l’homme est-il parvenu à obtenir la confiance de cette proie qu’est le cheval ? C’est ce que l’équitation éthologique et classique vous apprendra.
Un peu d’histoire.
L’histoire de l’éthologie commence dans les plaines américaines. Serait-ce les Indiens d’Amériques ou simplement des citoyens américains refusant des méthodes de débourrage brutales de l’époque qui nous aurais transmis ce nouveau savoir ? En réalité, il s’agit des deux. En effet l’histoire n’est pas linéaire. Afin de vous y repérer, voici un schéma des principaux acteurs de cette équitation.

Remarquez comme Pat Parelli, un américain né en 1954, a joué un rôle majeur dans cette nouvelle équitation. Il est à l’auteur du programme « Parelli Naturel Horsemanship ». L’un des premiers programmes équestres avec une approche éthologique. Ce personnage, va notamment former le très jeune Andy Booth, né en 1973. Ce dernier créera dans les années 2000, la méthode La Cense. En 2003, cet apprentissage deviens un des programmes de la Fédérations Française d’équitation et s’appelle « Les savoirs qu’équitation éthologique », ou plus communément « les Savoirs ».
Que nous apporte l’éthologie ?
D’après mes lectures multiples, l’éthologie nous apporte 3 principes fondateurs : le langage du cheval, la patiente et le timing.
Le langage du cheval
« L’homme qui sait parler aux chevaux, histoire de ma vie. », Monty Robert 1996 est le premier livre d’éthologie que j’ai ouvert. J’étais alors à l’adolescence et j’ai littéralement découvert un langage des mouvements. Les chevaux communiquent entre eux par la position de leur corps. Et toutes les séances de M. Robert m’ont servie dans mes cours. J’ai pu rattrapé des poneys qui s’était échappées. Toucher une jument dans un prés alors qu’elle refusait qu’on l’attrape. Toutes les scènes marquantes du film « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. », Robert Redford 1998, je les ai réalisé. C’est un délices à vivre.
Au niveau de notre équitation, cela permet de créer une relation plus profonde avec le cheval. Un cheval qui se rend compte que vous parlez son langage est juste fou de joie ! Et c’est comme ça que j’ai créer des relations avec des chevaux dit « difficiles » simplement en communiquant avec leur langage. Et le cheval qui m’a le plus appris est le fameux Canada. Il communiquait en permanence avec ces cavaliers. Et si vous n’étiez plus à l’écoute, il vous virait de son dos. La plus part des cavaliers tombaient dans l’heure notamment lorsque Canada avait 4 à 6 ans. Il me l’a fait un ou deux fois en 12 ans.
La patiente
S’il y a bien une chose dont je manque, c’est la patiente. Et c’est en travaillant avec les chevaux que j’en ai acquis.
Pour une personne comme moi, la patiente, c’est parfois passer des heures et des jours à cogiter dans ma tête lors de situations délicats comme un examen ou l’attente de résultats. C’est un processus qui est dans mon caractère et qui est amplifié par le handicap. Après chaque période de patiente, je suis obligé d’aller voir un osthéopathe pour dénouer mes tentions.
Pourtant en équitation, la patiente est une base importantes. Dans le film « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. », on voit cette scène où il attend accroupie dans un prés que le cheval revienne vers lui. A côté, la mère elle perd tout de suite patience car elle n’a pas appris à attendre dans le calme. En équitation, si tu t’énerves au moment d’attendre, tu perds tout de suite la confiance du cheval. Par contre, si tu attends au lieu d’agir, tu perds aussi la confiance du cheval. Un cheval qui prend peur et tire au renard, il faut pas attendre pour le détacher et le rassurer. Par contre, il faut prendre le temps nécessaire pour le rassurer.
C’est cette balance entre action et inaction que l’éthologie a remit en avant. En dehors de quelques principes, seul l’expérience et l’observation permet de l’acquérir.
Le timing
Le timing se traduit en français par « Le bon moment pour agir » Il doit être combiner à la patience et le langage. Cette clé éthologique vous est utile en permanence à pied comme à cheval. C’est ce qui fait la différence entre un cavalier dont le cheval est passif et un autre cavalier dont le même cheval devient actif.

Attention ! On parle d’agir ! C’est à dire faire une action précise. Attendre est une action, retirer un contact ou ajouter un contacte sont aussi des actions.
Vous entendrez souvent « Ne mets pas tes jambes en permanence. » Lorsque vous entendez ça, c’est que le cavalier a un problème de timing. Il continue de mettre des jambes au moment où le cheval se porte en avant. Du coup, le code avancé n’est plus du tout clair pour le cheval. Du coup, on est obligé de rajouter des jambes pour activer le code. On tombe alors dans un cercle infernal et le cheval est qualifié de mou. C’était le cas de Canada et Véloce, deux chevaux que j’ai souvent monté. Après l’hypertonie lié à mon handicap m’aide pas mal. A l’inverse, je ne suis pas du tout à l’aise avec des chevaux réactifs comme les chevaux de horses ball.
Le timing s’est aussi savoir quand commencer une action.
Si vous voulez tourner à un endroit précis, vous devez préparer le tournant et attendre le bon moment pour le demander. C’est un problème que j’ai rencontré lors de mes reprises de dressage, j’avais un demi-cercle à effectuer au galop mais je partais trop tôt. Du coup, la suite de la figure suivante était impossible à réaliser pour mon cheval. On retrouve ça aussi chez les personnes qui font du CSO en Club. Les barres qui tombent sont souvent un manque de timing pour gérer leur trajectoire. Et dernier exemple, c’est les déplacements de épaules et des hanches. Ces exercices demandes des actions discontinues encore faut-il savoir quand agir. Et on agit toujours en fonction de la positions des membres, d’où le chapitre précédent sur l’équilibre où l’on détaille les allures.
Félicitations !
Dans les futurs articles techniques, nous utiliserons les trois notions éthologiques : langage, patiente et timing. Je vous conseille vivement de regarder des vidéos de Monty Robert, Frédérique Pignon, Andy boots en mode observations avec comme thème les différentes notions.
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