Nous commençons par la procédure, que nous commenterons ensuite. Ce sera plus simple dans ce sens-là.
Quelques repères néanmoins :
Nous allons parler de rêne intérieure et rêne extérieure. Sur un cercle, la rêne située du coté du centre du cercle se nomme la rêne intérieure. Par opposition, la rêne extérieure est donc à l’extérieur de votre cercle. Dans un virage c’est la même chose !
On utilise les mêmes notions pour les jambes.

Demander de tourner
Comment tourner à cheval ?
1
Se redresser.
2
Regarder où aller sans tourner les épaules.
3
Ouvrir la rêne intérieure sans la ramener vers soi.
4
Tourner les épaules et pousser l'épaule extérieure du cheval avec la rêne extérieure. Le cheval tourne.
Décomposer la demande
Les étapes de préparation
Dans cette demande, vous commencez par 2 étapes de préparation avant de tourner : Tourner la tête et écarter la main intérieure. Ces deux étapes vous permettent de vérifier que l’espace est libre et de laisser le temps au cheval de se préparer pour tourner.
L’appel à l’action
C’est au moment où vous tournez vos propres épaules, en les orientant vers l’intérieur du virage, que le cheval tourne. Les épaules entraînent vos bras jusqu’aux mains. Cela impacte alors la rêne et le mors du cheval.

A votre avis, entre votre rêne intérieure et extérieure, laquelle fait vraiment tourner votre cheval ?
Si vous n’avez pas beaucoup de pratique, vous répondrez vraisemblablement la rêne intérieure. Cependant, lorsque votre action se cantonne à agir uniquement via la rêne intérieure, votre cheval soit continue tout droit soit s’arrête au milieu de votre tournant.

La bonne réponse est la rêne extérieure. C’est contre-intuitif. Sur un vélo ou avec un volant de voiture, tirer sur le côté intérieur fonctionne mais pas à cheval. Et pour bien pratiquer, il faut comprendre le rôle des rênes dans un tournant.
La rêne intérieure
Elle n’est utile que pour une seule chose : éviter que le cheval ne se torde en mettant la tête à l’opposé du virage. Et c’est tout. C’est pour cela qu’elle s’écarte en avançant vers la bouche du cheval au moment de tourner. Cette action de rêne s’appelle « la rêne d’ouverture ». Écarter la rêne permet à l’antérieur du cheval de s’écarter du tracé choisi en ligne droite tout en continuant d’avancer, sans bloquer ses épaules.
Du coup, si je tirais sur la rêne intérieure en emmenant la main vers moi, la tête de mon cheval tournerait dans le bon sens. Cependant, l’antérieur intérieur de mon cheval ne quitterait pas la piste car il serait gêné par son épaule. De ce fait, le cheval perd son impulsion, voire s’arrête. C’est ainsi qu’on se retrouve bloqué dans un virage même si on demande au cheval d’avancer avec ses jambes. C’est physiquement impossible pour lui.
La rêne extérieure
C’est donc la rêne extérieure qui permet de tourner et de réguler la vitesse. Attention, j’ai bien dit la vitesse, pas l’impulsion. Dans cet exercice, la rêne extérieure porte le nom de « rêne régulatrice » . C’est en empêchant l’antérieur extérieur de suivre un tracé en ligne droite que l’on oblige le cheval à tourner. Il ne lui reste qu’une porte de sortie avec la rêne intérieure ouverte. Il faut vraiment voir ces rênes comme des portes que l’on ouvre et que l’on ferme. D’abord on ouvre, ensuite on ferme.

Tourner avec de l’impulsion
Si vous laissez bien l’antérieur intérieur se mouvoir, vous ne perdrez pas trop de vitesse. Lorsque vous tournez, vous perdez toujours un peu de vitesse. Pour éviter cela, avant
même de tourner, demandez au cheval un peu plus de vitesse. Ainsi, lorsque vous lui demanderez de tourner, le cheval gérera sa vitesse en étant dans l’impulsion.
Félicitations !
Maintenant que vous faites la différence entre un guidon de vélo et des rênes… Vos chevaux vous remercieront !
Dans les prochains articles, nous nous pencherons sur les allures.
Et, à cheval par contre, restez toujours bien droit !
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