Apprendre, voilà un mot que vous allez entendre ou que vous avez entendu pendant toute votre scolarité. Etes-vous capable de me dire ce que signifie vraiment ce mot ? Etes-vous sûr de ne pas la confondre avec le mot contrôle ou encore découverte ? Et pourquoi le mot contrôle vous mets des sueurs froides ? C’est tout cela que nous allons expliquer aujourd’hui.
Les trois phases de l’apprentissage.
L’acquisition de nouvelles connaissances se fait en trois étapes : La découverte, l’apprentissage et le contrôle.
La découverte est le moment où votre cerveau reçoit une nouvelle information. Vous entendez une nouvelle chanson à la radio, votre moniteur vous explique un nouveau mouvement pour le cheval. C’est aussi le moment où l’on va clarifier toutes les notions pour bien les comprendre.
Ensuite viens la phase longue de l’apprentissage : C’est un moment de création. Le but est trouver des astuces pour retrouver l’information le plus rapidement possible et de compléter les informations manquantes.
Ensuite viens, le contrôle : Vous vérifiez l’état de nos connaissances sur un sujet. Est-ce que j’ai bien retenue ma liste de vocabulaire ? Est-ce que je suis capable d’expliquer la différence entre l’épaule en dedans et l’épaule en avant à un enfant de 5 ans ?
Ces trois phases ne sont pas du tout linéaire. C’est un échange permanent.
SCHEMA
Maintenant, parlons des conditions pour apprendre.
Quelles sont les meilleurs conditions pour apprendre ?
Notre cerveau a deux modes de fonctionnement, le mode avec et sans danger. Les deux modes ont des fonctionnements au niveau des neurones et des hormones, complètement différents.
Le mode sans danger
Lorsque tout va bien, votre cerveau peut analyser, réfléchir, organiser, planifier, acquérir de nouvelles habitudes et apprendre. Toutes ces actions sont liés au cortex préfontal (le devant de votre cerveau). Vous êtes alors conscient et une partie de vos mouvements sont intentionnels. D’ailleurs apprendre est une transformation bien particulière de notre cerveau. Dans votre cerveau, il y a de cellules qui ont des antennes. Une partie des antennes sert à recevoir une information et une autre à envoyer de l’information neurone. Et au fur et à mesure l’information s’enrichit. C’est le principe du téléphone arabe. La découverte d’une nouvelle notions relie des neurones qui ne se sont encore jamais vu en créant soit de nouveaux neurones soit de nouvelles antennes.
Le mode « EN DANGER »
Lorsqu’il y a un danger, les amygdales vont coupé la connexion avec le cortex préfontal, augmenté la sensibilité de vos 5 cinq sens et diminuer la douleur. Si vous vous coupez le doigts, vous le sentez le touché sans avoir mal. De plus, vous passez dans des mouvements inconscients et habituels. Si vous connaissez la situation comme un tremblement de terre. Votre premier réflexe va être de vous cacher sous une table. Si la situation est inconnu, vous allez choisir entre la fuite, le paralysie ou le combat. Et c’est la même chose chez les chevaux. Un cheval qui a peur va soit faire un écart, soit le combattre, soit se figer. Et tout ça de façon inconsciente.
Comment passons-nous d’un mode à un autre ?
Le stimuli : Tout élément physique, chimique ou biologique capable de déclencher des phénomènes dans l’organisme, notamment des phénomènes nerveux, musculaires ou endocriniens.
Le seuil : Valeur d’un paramètre dont dépend un phénomène, dit à seuil, au-dessous de laquelle celui-ci ne se produit pas.
Le tolérance : propriété que possède l’organisme de supporter des doses d’une substance donnée sans manifester de signes d’intoxication.
Dans votre cerveau, vous avez les amygdales. Ce sont elle qui passe d’un mode à un autre. Pour cela, elles analysent les stimulis extérieurs et déclencher ou non, le plan d’alerte de notre cerveau. L’explication est très simplifiée mais c’est voulu. Un stimuli est déclenché dès que l’un de vos 5 sens détecte quelque chose. J’entends une voiture qui roule, cela créer un stimuli dans mon cerveau et je peux imaginer la voiture. Le seuil de tolérance, c’est le moment où l’accumulation d’un ou plusieurs stimuli nous fait passer d’un mode à l’autre.
Nous avons tous des seuils de tolérance différents en fonction de la quantité et du type de stimuli et du type. Je peux supporter une journée au club hippique là où une personne qui ne supporte pas l’odeur partira au bout de 5 minutes. J’ai une amie qui a le sens de l’odorat tellement développé qu’elle ne peut pas mettre les pieds dans une parfumerie. Au niveau physique aussi, vous avez des seuils. Si je force trop sur un muscle, l’accumulation de stimuli va atteindre le seuil qui m’obligera à tout relâcher d’un coup. Le plus flagrant, ce sont les Haltérophilie, on voit tout d’un coup, leurs bras qui balancent le poids vers l’avant car il ne supporte plus le poids.
Attention une absence de stimuli peut déclencher aussi le mode danger. C’est le cas des mères qui se mettent à chercher leur enfant de bas âge car elle n’entendent plus de bruit. C’est aussi très utilisé au cinémas avant une scène intense. L’absence de musique vous met en alerte.
Maintenant que l’on connaît les deux modes de fonctionnement de votre cerveau et le seuil. Comment faire pour éviter voir reculer le seuil ou et avoir les bons réflexes au moment où notre cerveau se sent en danger ? C’est là qu’intervient l’habitude.
Qu’est-ce qu’une habitude ?
L’habitude (larousse.fr) : Aptitude à accomplir avec facilité et sans effort particulier d’attention tel ou tel genre d’actions, acquise par une pratique fréquente, l’exercice, l’expérience.
Une habitude se déclenche avec un stimuli. Si vous sentez un plat de spaghetti quelque soit l’heure, vous allez automatique saliver. Là où cela devient intéressant c’est qu’une habitude, c’est en fait un circuit neuronal. Ce qui signifie qu’un stimuli peut enclencher une suite d’idée. Enfin, plus je passe part ce circuit de neurones, plus je vais retrouver rapidement les informations du circuit.
Imaginez que votre père est décidé cette année que tous les lundis, il y aura au menu du poulet roti. La première fois que vous allez sentir le poulet, cela ne vous évoquera rien. Au moment descendre manger, vous vous étonnez de ne pas voir l’assiette de votre mère. Votre père vous rappelle qu’elle est partie au club. A force de répétition du même repas le lundi, l’odeur du poulet vous rappellera que c’est lundi, c’est le plat préféré de votre maman et qu’elle monte à cheval ce soir. On est passé d’une odeur de poulet roti à une organisation planifié de la famille.
Un des stimuli les plus connus, c’est la sonnerie de réveille. Elle enclenche toute une série d’habitude du levé du lit jusqu’au travail.
Pour changer une habitude, il faut réfléchir et apprendre ! Et oui, je suis un chat qui retombe toujours sur ces quatre pattes !
Le lien entre apprentissage et habitude
On a vu que la découverte est le moment où l’on créer une connexion entre au moins deux neurones. Et bien l’apprentissage, c’est le fait de renforcer ce lien. Et l’habitude, c’est le moment où le lien est si fort que en mode danger votre corps prend la bonne décision. Si je vous dit 1+1. Par apprentissage et donc habitude, vous me répondrez 2. Maintenant si je vous dit 0+0, vous devriez me répondre : « La tête à toto ».
Les habitudes font partie intégrante de votre équitation. Le cheval vous évite lorsqu’il a peur car il sait qu’il ne peut pas rentrer dans votre zone de sécurité. C’est vous qui mettez les épaules en arrière lorsque vous perdez le contrôle du cheval. C’est le cheval qui vous donne son pied car vous vous penchez d’une certain façon. Et c’est aussi le cheval qui fouille dans les sacs pour avoir des carottes. Ce ne sont que des habitudes.
Mais si c’est si simple, il suffit de changer toutes nos habitudes ! Hop-là ! En avant Guingamp !
Pourquoi changez d’habitudes demande un gros effort et du temps ?
Pour changer une habitude, il faut que le circuit neuronal de la nouvelle habitude soit plus épais que celui de l’habitude que l’on souhaite gommer. Donc, il faut à la fois contrer l’ancienne habitude et muscler la nouvelle. Cela vous demande une énergie de folie ! Hors vous n’avez pas d’énergie illimitée non plus.
De plus, sur terre « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » d’après la citation d’Antoine Lavoisier. Ce qui veut dire que pour renforcer votre circuit, il vous fait de la matière qui vient de vos repas. C’est pas en avalant deux hamburgers que vous apprendrez mieux. Car pour le coup, tout votre énergie ira dans votre estomac et vous ne pourrez pas réfléchir donc vous retomberez dans vos mauvaises habitudes. C’est pour cela que changer peut prendre entre 2 et 6 mois voir un an. Car oui, vous retenez sur une journée la première fois, mais au bout de trois jours, vous avez oublié et il faut repasser régulièrement sur vos notions pour les garder et ne pas les oublier d’une année sur l’autre. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de l’école. Elle nous demande d’apprendre de nouvelles choses en permanence. Du coup, on ne retient pas grand chose une fois sortie. Je serai incapable de réciter mes verbes irréguliers d’espagnol alors qu’en troisième, cela sortait tout seul.
Bon, je vous rassure pour certains apprentissage on peut se rapprocher des 2 mois. A condition d’avoir les bons outils !
Comment bien apprendre ?
Déjà rendons à Fabien Olicard, ce qui appartient à Fabien Olicard. Et laissons César dans ses pénates.
Fabien Olicard est un mentaliste, c’est à dire un personne qui travaille avec nos biais cognitif pour faire des tours de Magie. Il a aussi fait un énorme travail sur le fonctionnement du cerveau et sur la mémoire.
Ici, on va reprendre trois principes : Les émotions, les sens, la répétition, et l’auto-contrôle
Les émotions
La première chose à savoir, c’est que l’émotion est un puissant indicateur pour notre cerveau. Si elle est positive, le cerveau aura envie de la renouveler et au contraire si elle est négative, le cerveau voudra la retenir pour la détecter plus rapide et l’éviter la prochaine fois.
Quand il était petit, Sirus le chat de la maison a sauté dans une poile qui était sur le feu. Il n’a jamais retenté ensuite. Canada dès qu’il voyait mon étrille, il présentait les parties qui lui faisait le plus de bien, son dos et le haut des fesses.
Du coup, pour apprendre quelques choses, il faut que je choque mon cerveau. Cela peut être avec des images qui font peur ou très drôle.
Par exemple, si je veux retenir l’emplacement de glome sur le pied du cheval. Je m’imagine en train de curer les pieds quand tout à coup, un gnome arrive avec une petite brosse pour brosser les glomes du cheval. Puis il repart en chantant. Cette image est complètement absurde donc elle choque le cerveau.
Ma nièce a pris l’habitude de chanter certaines leçons pour les apprendre. C’est absurdes. Dans la série Wildfire de 2008, Pablo Betart, le vétérinaire chante une chanson de noël pour apprendre le squelette du cheval.
Les sens
Nous avons vu qu’une habitude se déclenche avec un stimuli. Multiplier les stimulis peuvent aider aussi. Si je veux retenir le mot frontal. Je peux le dire à haute voix tout en me touchant le front. J’utilise alors l’audition et le toucher. C’est ce que je fais parfois avec mes petits cavaliers. Je touche leur front en disant le mot pour qu’ils retiennent. Attention à toujours reproduire le même stimuli pour la même chose sinon, le cerveau s’embrouille.
Cette façon d’apprendre est très utilisé chez les petits mais on cesse de le faire en général autour des 10 ans par peur du ridicule. Rien ne vous empêche de le faire seul chez vous, puis de vous l’imaginer dans votre tête au moment du contrôle.
La répétition
Alors là, il faut que vous arrête.
D’ailleurs, c’est pour ces régularités d’apprentissage des vos galops (examens fédéraux) que je vous ai concocter l’application « réviser les galops » ! (mettre le lien)
Prenons deux exemples les parties du filet et l’explication de l’épaule en dedans.
Ce sont deux types d’apprentissage différent. L’un est vraiment du par-coeur et l’autre est un concept.
les parties du filet.
Les parties du filet sont du vocabulaire à apprendre. Et pourtant, pas si simple au début car il faut passer pas la phase d’apprentissage.
Le mot frontal vient du mot front. Je sais ce qu’est un font. Pour muserolle, si je ne sais pas ce qu’est un museau. Je devoir aller cherche ce que c’est. C’est le nez du chien. Les montants, je peux me faire un rappel en passant mon doigts de la bouche vers l’oreille. Je monte vers l’oreille.
Ensuite, il faut se contrôler. Pour un schéma, c’est pas mal d’avoir toujours le même ordre et de réciter avec nos gestes
D’ailleurs, le moment où le cerveau apprend le plus est pendant le sommeil. Tout ce qui a été vécu dans la journée est alors trié. Soit on mémorise, soit on oublie. Au contraire, là où le cerveau apprend le moins, c’est lorsqu’il est dans une situation désagréable. Donc hurler sur un enfant qui a fait une bêtise est contreproductif si l’on veut qu’il soit en mesure de comprendre pourquoi c’en était une.
Est-ce qu’une personne ayant fait un très mauvais résultat va progresser si on lui crie dessus ? Je vous conseille cette vidéo de Fabien Olicard : Pourquoi crier semble bien pour apprendre (et pourquoi c’est faux).
Félicitations !
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