La respiration, l’eau et la nutrition sont les trois carburants de votre corps et de celui du cheval. Comprendre à quoi sert et comment fonctionne la respiration va énormément vous aider dans votre équitation.
Qu’est-ce que la respiration ?
Larousse 2026 : Ensemble des phénomènes permettant l’absorption de l’oxygène et le rejet du gaz carbonique par les êtres vivants.
L’oxygène est le carburant de vos muscles et de vos organes. Un muscle qui ne reçoit pas d’oxygène ne peut pas se contracter : vous êtes comme un mollusque. Il en est de même pour le cerveau : l’absence d’oxygène l’empêche de fonctionner.

Le saviez-vous ? Nous pouvons stocker de l’oxygène grâce au volume de nos poumons. Lorsque nous cessons de respirer, nous faisons de l’apnée. Notre corps utilise alors l’oxygène stocké préalablement dans nos poumons. Cependant, cela ne permet de « vivre » que quelques minutes. Le temps de fuir une odeur désagréable ou un gaz toxique. Nous pouvons augmenter ce temps via une pratique encadrée et, en fonction de la manière dont nous utilisons nos muscles, le temps d’apnée est plus ou moins long. Le record du monde en statique est de 11 minutes et 36 secondes, détenu par M. Stephane MIFSUD. Rendez-vous compte, le Mbappé de l’apnée tient un peu plus que le temps qu’il faut pour cuire du riz, et cela sans bouger du tout. C’est vous dire à quel point vous ne pouvez pas trop compter sur votre stock à vous.
Vous pouvez alors considérer la respiration comme un apport immédiat d’air à vos poumons. C’est pour cette raison que, lorsque vous avez besoin de fuir, votre respiration est plus rapide, plus courte et plus saccadée. A l’inverse si vous vous reposez, la respiration est plus longue et plus profonde.
Comment l’air entre dans notre corps et où va-t-il ?
L’air est stocké dans nos poumons qui sont comme des petits sacs qu’on vide et qu’on remplit. C’est la membrane des poumons qui permet l’échange entre l’oxygène et le gaz carbonique.


Nous pouvons remarquer que les poumons sont entourés de muscles : les muscles intercostaux et le diaphragme.
Qu’est-ce qui nous permet de contrôler notre respiration ?
Pour répondre à la question, nous devons nous intéresser aux différents systèmes nerveux. Un système nerveux est en fait l’internet du corps. Il permet de distribuer toutes les informations du doigt de pied à la racine des cheveux. Et, comme internet, l’information passe par de gros tuyaux. Il existe dans notre corps trois systèmes nerveux.
Le premier est le système sensitif. Il part d’un bout du corps (mains, genoux, pied, etc.) pour aller dans la moelle épinière et remonter au cerveau. C’est lui qui indique si nous approchons une main du feu ou si nous plongeons le pied droit dans l’eau de la piscine. Toutes les informations du système sensitif sont liées à nos 5 sens : toucher, ouïe, odorat, goût et vision.
Le deuxième est le système nerveux autonome. Il est autonome car nous ne pouvons pas le contrôler de manière volontaire. Nous pouvons lever la jambe mais pas contrôler la vitesse de notre cœur. Ce système gère toutes nos glandes et nos organes non reliés au squelette comme le cœur ou le foie.
Le troisième est le système nerveux somatique. Il est rattaché à tous les muscles qui contrôlent notre squelette et nos sens. Ce sont des nerfs qui font le lien entre le système central et l’environnement extérieur. Nous pouvons le contrôler par la pensée : lever la main droite pour faire coucou, attraper des objets, manger, etc. Mais il fait aussi le lien entre ce que nous percevons (voir, sentir .. ) et la réaction physique que nous pouvons contrôler (fermer les yeux ou se boucher le nez).

Au niveau de la respiration, les poumons et le cœur sont reliés par des nerfs autonomes. Mais alors, nous ne devrions pas pouvoir gérer notre respiration. Pourquoi alors y parvenons-nous quand même ? Cela est dû à la présence des muscles thoraciques qui eux sont reliés par des nerfs somatiques. C’est en jouant sur les muscles de notre thorax et le muscle du diaphragme que nous remplissons et fermons nos poumons comme nous le souhaitons. Nos poumons sont « collés au thorax et au diaphragme ». De plus, le battement de cœur dépend de la quantité d’énergie présente dans les poumons. Eh oui, moins de carburant donne moins d’énergie pour faire fonctionner le cœur. C’est pour cela qu’il faut du temps pour que le cœur se calme après un effort. Le temps qu’il perde l’énergie accumulée en trop. Inversement, nous pourrions augmenter l’accélération du cœur et des poumons toujours avec nos muscles.
A quoi sert de contrôler sa respiration ?
Comme les animaux, nous vivons avec des émotions. Ces dernières sont le résultat des sensations que nous percevons de notre environnement. Voir un ami nous rend heureux. Voir une maison en feu nous fait peur. En fonction des situations, notre demande en énergie et sa répartition dans le cerveau et dans les muscles sont différentes.
Dans une situation de détente, comme manger des Chamallows au coin du feu, notre cerveau est plus oxygéné et nos muscles squelettiques le sont moins. Dans un moment favorable à la découverte et à la réflexion, notre respiration est plus longue, plus profonde et plus volumineuse.
Au contraire, en cas de situation d’urgence (incendie, accident), nous réduisons l’oxygène du cerveau pour apporter plus d’énergie aux muscles qui nous permettent de sortir de cette situation. Pour apporter encore plus d’énergie, notre respiration est plus courte et plus rapide.
D’ailleurs, le moment où le cerveau apprend le plus est pendant le sommeil. Tout ce qui a été vécu dans la journée est alors trié. Soit on mémorise, soit on oublie. Au contraire, là où le cerveau apprend le moins, c’est lorsqu’il est dans une situation désagréable. Donc hurler sur un enfant qui a fait une bêtise est contreproductif si l’on veut qu’il soit en mesure de comprendre pourquoi c’en était une.
Est-ce qu’une personne ayant fait un très mauvais résultat va progresser si on lui crie dessus ? Je vous conseille cette vidéo de Fabien Olicard : Pourquoi crier semble bien pour apprendre (et pourquoi c’est faux).

Vous êtes forcément impacté par les émotions à cheval car votre partenaire équin fonctionne de la même façon que vous. Il a les mêmes réflexes en cas de danger. Ah bon ? Cela complique les choses en effet.
Comment bien utiliser sa respiration ?
Le cheval est comme vous. Lorsqu’il a peur, son premier réflexe est de se tourner vers ses congénères ou vers vous. Si ses congénères sont calmes, le cheval comprend que ce n’est pas grave et respire pour se calmer. Au contraire, si les autres ont peur aussi, tout le monde prend la fuite.
En tant que cavalier, si vous vous mettez à avoir peur quand votre cheval a peur, vous risquez de mordre la poussière. Le meilleur moyen d’apaiser votre cheval, c’est de vous apaiser vous-même et donc de reprendre le contrôle sur votre propre respiration. Pour cela, il faut accentuer la respiration au calme. Vous augmentez le volume d’air inspiré et vous réduisez la fréquence de respiration. Petit à petit, votre corps se régule en fonction de l’apport en oxygène. Ensuite, il va se réguler de lui-même.

D’ailleurs, en lisant mes articles, vous avez dû remarquer que pour ralentir ou s’arrêter, vous devez prendre une longue respiration. En effet, il va falloir apprendre à utiliser votre respiration quand vous passerez d’un effort tonique à un effort plus calme.
Cela peut aussi être utile à pied, si votre cheval a peur. Vous pouvez le caresser tout en respirant profondément pour l’aider à s’apaiser.
Félicitations !
La respiration est un outil très puissant dans la communication avec votre cheval. Plus vous serez calme lorsqu’il sera inquiet ou apeuré, plus il vous fera confiance à l’avenir. Un cheval qui vous fait confiance a plus de plaisir à vous porter et a plus envie d’apprendre et de bien faire. C’est aussi une question de sécurité. Un cheval dans l’urgence peut vous renverser. Lui donner un repère sans qu’il vous saute dans les bras, limitera ces situations d’urgence.
Cela vous demandera de l’entraînement pour réussir à encaisser tous les petits moments de doute. Pensez à votre respiration et, surtout, prenez votre temps.
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