Dans cet article, nous allons nous intéresser au dynamique de groupe chez les chevaux. Les hordes, groupe de chevaux, peuvent être composées de différentes façons avec des rôles qui répondent à des besoins spécifiques. Nous allons également regarder les règles au sein des groupes. Nous terminerons sur les conséquences dans la relation entre homme et cheval.
Fonctionnement du groupe.
Le but d’un groupe est de survivre aux dangers. Pour comprendre cela, il faut revenir au temps de la préhistoire. C’est à dire au moment où l’homme n’a pas encore envahit et urbanisé toute la terre. Durant cette période, les chevaux avaient des prédateurs réguliers (lion, panthère, homme, etc.). Un poulain et sa mère, tous deux isolés, n’avaient aucune chance de survie. Pour éviter cela, les chevaux se sont organisés entre eux pour se protéger. Comme les manchots empereurs face au froid.
Qui dit formation d’un groupe, dit organisation afin d’aller ensemble aux mêmes endroits et avoir une stratégie de défense.
Il existe deux types de groupes : Le groupe familial et le groupe des mâles solitaires.
Le groupe familial.
Le groupe familial est composé d’un seul étalon et de plusieurs femelles.
Pour l’étalon, le premier rôle est la protection des juments et des poulains. En cas de danger, c’est lui qui sera entre le troupeau et l’attaquant. Il doit alors faire fuir la menace en l’attaquant. Son second rôle est de se reproduire. L’étalon peut être attaqué par un autre qui souhaite récupérer le groupe. Cela peut arriver lorsqu’un jeune mâle du groupe ou un mâle extérieur souhaite fonder sa famille. En fonction du résultat de cet affrontement, le mâle dominant peut changer.
Chez les juments, leur rôle est la reproduction et l’enseignement de leur propre poulain. De plus, un seule d’entre elle aura le rôle de la jument de tête.
Le rôle de la jument de tête est d’amener l’ensemble du troupeau vers les points d’eau, de nourriture et de repos. Afin d’économiser son énergie, elle sera souvent, ainsi que ces poulains, la première à manger et à boire . Cependant en cas de défaillance, le troupeau peut perdre confiance en elle et cherchera une nouvelle jument de tête.

Le groupe des mâles solitaires
Les poulains mâles, une fois adultes vers 2 – 3 ans sont chassé de la horde par l’étalon dominant. Cela permet d’éviter la consanguinité, c’est à dire éviter que les parents ne fassent un poulain avec leur enfant ce qui peut amener des problèmes de santé graves pour les poulains. En effet, la survie de tous les animaux dépendent de la diversité de leur code génétique. De plus, les mâles qui ont perdu leur harem peuvent aussi rejoindre le groupe.
Une fois intégré dans le groupe, ils vont toujours, pour leur survie, vivre entre eux et endosser tous les rôles. Les mâles âgés vont souvent prendre la tête de ce type de groupe afin de trouver l’eau, la nourriture et les lieux de repos.
Ce type de groupe permet aussi de s’entraîner à travers le jeu afin plus tard d’acquérir un harem. Régulièrement, des étalons quittent le groupe et d’autres y entrent.

Et les jeunes femelles dans tout ça ?
Les pouliches deviennent matures vers l’âge de 3 ans. C’est un peu plus tard que les mâles. Par contre, elles ont deux possibilité. Soit l’étalon du harem n’est pas leur père alors elle reste dans le groupe. Soit l’étalon de tête est leur père et elle doivent changer de harem ou rejoindre un mâle solitaire pour en créer un nouveau. Toujours dans le but d’éviter la consanguinité !

La hiérarchie dans tout le groupe.
Pour le moment, on a surtout parlé des rôles importants dans les différents groupes. On peut s’attendre alors à ce que ceux qui n’ont pas de rôle soient à égalité. Et bien non, il y a également une hiérarchie entre eux. Cela permet d’éviter que tout le troupeau se chamaille au moment d’aller boire ou manger dans des lieux étroits. Savoir qui passe le premier permet au groupe d’être plus calme et efficace.

Élever un poulain !
Le poulain est élevé par sa mère. C’est sa mère qui va lui apprendre à sa nourrir et prendre soin de lui, ainsi que son éducation au sein du groupe. Parfois la jument dominante peut écarter un poulain du groupe si ce dernier a fait une grosse bêtise. Le poulain va alors demander pardon afin de rejoindre le groupe.

Minute papillon ! Est-ce que pour demander pardon, il point l’oreille vers la jument de tête ? Oui ! Est-ce qu’il se met à mâchouiller ? Oui ! Mais c’est le join-up décrit dans l’article Les moyens du cavalier pour communiquer à pied ! Tout à fait, la méthode vient de là !
Qu’en est-il des humains ?
Comment ça des humains ? On a aussi des paternes sociaux. Et oui ! Et si vous trouvez cela dérangeant, c’est normal.
Nous aussi avons des familles. Elles sont composées en général d’un homme et d’une femme avec des enfants. Cette cellule peut être élargie aux grand-parents, tout dépend des cultures. Il existe deux rôles : Celui du foyer et celui hors foyer. Celui qui reste au foyer s’occupe du ménage et d’élever les enfants. Celui hors du foyer, doit ramener les ressources pour l’alimentation et l’habillage. En fonction des régions et tribu, le rôles peuvent être inversé. Par exemple, chez le peuple Aka, le père s’occupe de l’enfant autant que la femme. Voir cet article de Wikipédia.
Les enfants quittent la cellule familiale pour en créer une nouvelle famille.


Attends ! Mais Hélène, moi je connais des couples de femmes, d’hommes avec ou sans enfant et des personnes qui vivent seules … Nous sommes bien d’accord que tout ces exemples ne répondent pas à la définition donnée précédemment.
Les limites de la science de l’éthologie !
Si je vous dis que l’eau bout à 100 degrés. Et bien ce n’est vrai que au niveau de la mer. Plus vous montez vers le ciel, moins la température de l’eau aura besoin d’être élevée pour que cela boue. Afin de simplifier notre quotidien, nous réglons tous la bouilloire à 100 degrés. Il se produit exactement la même chose dans notre description des rapports entre chevaux et entre humains. Nous avons simplifions énormément des processus qui sont très complexes afin de nous aider.
Conséquences dans les relations entre cheval et homme.
Dans votre relation au cheval, vous savez maintenant que l’égalité entre chevaux n’existe pas. Pensez toujours à être le leader pour votre sécurité. C’est la première chose que j’apprends à une personne qui n’a jamais vu de cheval de sa vie.
De plus, chaque cheval est différent. Je vous parle souvent d’Euphorico. C’est un étalon lusitanien et pourtant il n’avait aucune réaction lorsque les juments le frôlaient. J’ai pu le monter avant de toutes petites ponettes sans problème. A l’époque, je parle d’un cheval de 6-7 ans donc en âge de vouloir séduire une jument. Ce n’est donc pas uniquement une question de dressage, il était comme ça.
Félicitations !
L’éthologie permet de simplifier le langage que nous avons avec nos chevaux et d’en comprendre le sens.
Cependant n’oubliez pas que chaque cheval va avoir sa particularité, sa façon de voir le monde. C’est aussi cela qui fait la richesse de notre sport.
La science nous donne des points de repère très importants qui permettent de créer un langage commun avec les chevaux. A nous ensuite d’adapter notre langage à notre interlocuteur dans les limites de nos capacités. Je suis incapable de monter un cheval très réactif car mon langage corporel ne me le permet pas. Et c’est très bien comme ça.
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