
« L’impulsion est l’énergie du cheval, naturelle ou acquise par le travail, qui génère le mouvement. C’est une disposition de la volonté du cheval de se porter en avant. »
Livre Manuel de préparation Galops 1 à 4 et degré 1, de la maison d’édition Lavauzelle
Ce mot « impulsion » a donc deux définitions en équitation.
Première définition :
« L’impulsion est l’énergie du cheval, naturelle ou acquise par le travail, qui génère le mouvement. »

Pour qu’un objet (vivant ou inerte) bouge, il a besoin d’énergie. Dans le cas d’un corps vivant, ce sont les muscles qui font bouger le corps. Si je me lève, j’utilise, entre autres, les muscles de mes jambes. Pour un corps inerte, c’est un corps vivant qui va lui donner de l’énergie, directement ou indirectement. Un ballon de foot bouge lorsqu’un joueur frappe dedans. Goal !

Pour notre couple cavalier cheval, nous avons deux corps vivants. Soit chacun bouge de son côté, soit ils communiquent entre eux pour aller au même endroit ou faire la même chose. Le cavalier va proposer au cheval de faire tel ou tel exercice et le cheval répondra en fonction de ces capacités et … de sa volonté.
Pour que le ballon arrive dans les cages, il faut une certaine impulsion. Si le joueur frappe trop fort, le ballon passe au dessus du but, et inversement, s’il ne tape pas assez fort, le gardien attrapera le ballon. Il y a donc une recherche de quantité d’énergie à déployer pour exécuter tel ou tel exercice. Une fois trouvée, il faut l’entretenir sans s’épuiser. En équitation, le rôle du cheval est d’entretenir de lui-même le mouvement, donc la quantité d’énergie nécessaire au mouvement. Il cessera l’exercice lorsque le cavalier le lui demandera. Si le cavalier voit que le cheval cesse l’exercice trop tôt, il lui redemande et cela, toujours dans le calme.

Nous avons parlé de la volonté du cheval que l’on retrouve dans la …
Deuxième définition :
« C’est une disposition de la volonté du cheval de se porter en avant. »

La volonté c’est l’envie de faire quelque chose. Si on demande à un enfant de faire ses devoirs, il n’a pas forcément la volonté de le faire mais il le fera parce qu’on lui demande. Et c’est là toute la différence entre volonté et obligation.
La volonté est l’envie de faire ou de ne pas faire quelque chose. Le but de l’équitation est justement de donner envie au cheval de faire l’exercice demandé par le cavalier. Ce qui n’a pas toujours été le cas !
En effet, l’histoire de l’équitation montre que nous sommes passés d’un équitation pour la guerre et le travail (champs, véhicule du quotidien) à une équitation de loisirs. C’est à dire d’une équitation d’obligation à une équitation qui tend vers l’envie de faire ensemble. Notre équitation de loisirs n’est pas encore tout à fait une équitation où la volonté du cheval est prise en compte. Cela est dû au fait que les premiers moniteurs d’équitation de loisirs était des militaires et qu’il faut du temps pour changer les pratiques ou remettre en cause l’enseignement que l’on a soi-même reçu. Grâce à l’équitation éthologique, nous progressons tous vers la bonne voie. C’est le cas de la fédération qui petit à petit s’empare de ces sujets.
Voir livre de la fédé : Besoin de vérifier un fait dedans
Comment donner la volonté au cheval de répondre à vos demandes ?
Créer de la volonté en équitation classique ?
Vous avez trois outils pour cela : La demande, l’arrêt de la demande et la récompense.
La demande
Que la demande vienne de vous ou de lui, vous devez être à l’écoute. De plus, vos demandes doivent être claires et progressives.
Parfois lorsque j’étais au galop, Canada se redressait et pointait les oreilles en avant. A ce moment précis, il me demandait s’il pouvait aller plus vite et j’acceptais sa demande si j’avais la place devant moi. En accédant à la demande de Canada, je lui donnais envie de faire de nouvelles choses ensemble.
Les chevaux demandent avec leur corps. C’est le cheval qui se tourne pour être brosser ici ou là. Mais c’est aussi, le petit poney qui va tenter de mordre car il sait que son petit cavalier risque d’être maladroit et qu’il anticipe d’avoir mal, alors qu’avec un adulte cela se passe mieux. Ici, vos montures effectuent une demande.
Un cheval, surtout en club, n’est jamais mauvais ou méchant. Il a une réaction de protection suite à un mauvais traitement, souvent involontaire, antérieur. J’ai récupéré des chevaux au fond de leur box qui avait peur et des chevaux qui mordait ou bottait pendant la préparation. C’est pour cela que les demandes doivent être nettes et précises mais également demandées avec calme et sérénité de la part du cavalier.
Enfin, une demande doit toujours se faire dans le même ordre.
Vous ouvrez toujours votre gourde avant de boire dedans et vous la refermer toujours avant de la ranger dans votre sac. Et bien pour un cheval, c’est pareil, vous suivrez toujours les mêmes processus de demande. Même si votre cheval ne répond qu’à moitié, il faut lui laisser le temps de la répétition pour comprendre l’enchainement des aides avant qu’il puisse y répondre. Cela peut pendre plusieurs heures de cours.

Soyez précis dans vos demandes. Et si vous avez des questions ou besoin d’aide, demandez !
L’arrêt de la demande
Demander, c’est mieux que commander. Cependant, demander en permanence revient à commander.
Admettons que vous me demandez de mettre la table. Vous n’avez pas besoin de me le dire deux fois, je me mets en action. Si je suis en train de prendre les assiettes et que vous me dites : « mets les couverts. », je vais commencer à m’agacer. Du coup, ma volonté de mettre la table va être perturbée par ma volonté que vous me laissiez tranquille. Soit, je vais poser les assiettes très rapidement et tout faire dans la précipitation pour fuir, soit je vais me retourner pour vous indiquer que je suis en train de le faire.

Si votre comportement insistant se répète sur plusieurs jours, je perdrais ma volonté de mettre la table. Je vais traîner des pieds, prendre du temps et parfois ne pas le faire.
L’exemple le plus courant en équitation d’un demande trop répétée, c’est celui des jambes pour demander d’avancer. A force de sentir des jambes du cavalier bouger, le cheval ne les sent plus. Du coup, il ne peut plus répondre à cette aide. Et on se retrouve avec un cheval « mou », « agaçant ».
Cependant si j’arrête ma demande au moment où le cheval commence à l’exécuter, alors il se sentira écouté. C’est pour cela que la première des récompenses est d’arrêter la demande et de laisser le cheval libre d’effectuer le mouvement.
la récompense
Il faut récompenser la dernière action, si et seulement si elle est positive.
La récompense est souvent mal comprise par les cavaliers. Pourtant le principe est simple. Le cheval associe les événements qui se touchent dans le temps.
Donner un bonbon car mon cheval a été génial pendant le cours mais qui vient fouiller votre sac, est contre productif. Vous êtes en train d’indiquer au cheval que fouiller votre sac est autorisé. Pour lui, le cours est terminé, il ne peut pas associer les bonbons et le bon déroulement du cours. Je vois trop souvent des chevaux mordre les poches, bousculer le cavalier ou vider les sacs pour obtenir les bonbons. Ce sont des comportements parfois provoqués par le cavalier car ce dernier leur donne le bonbon quel que soit le comportement du cheval et au mauvais moment.

De plus, la nourriture n’est pas, et de loin, la seule récompense possible. Une bonne grattouille, une grosse caresse, le son de votre voix le récompensera juste après une demande bien exécutée. Personnellement, je n’utilise pas de bonbons. J’utilise la caresse et les soins.
Ces récompenses (bonbons, caresses, etc.) sont des récompenses supplémentaires à celle de l’arrêt de la demande. C’est du bonus pour le cheval.
L’équilibre entre la demande et la récompense
Les premières fois que je prenais les pieds de Boston, il s’appuyait sur moi pour reposer le sabot. Lorsqu’il faisait cela, je déplaçais ses hanches puis reprenais son sabot. Avant qu’il n’ait envie de le reposer, je relâchais son sabot puis caressais Boston abondamment. J’ai utilisé la demande et la caresse pour l’aider.
Dans ce que je viens de dire, il faut comprendre que je ne laissais jamais Boston tranquille lorsqu’il décidait de poser son pied. Je lui ai fait faire un autre exercice (déplacer les hanches) pour manifester mon mécontentement et ensuite reprendre le pied. Ce n’est que lorsque je lui autorisais à reposer le pied, qu’il a pu être tranquille et avoir des caresses en plus.
Cette notion de « faire travailler » suite à un comportement non attendu est très important. Comme il est très important de récompenser la bonne action tout de suite pour indiquer au cheval que c’était bien. Ce sont des repères fondamentaux dans votre relation avec votre monture.
Je suis à la boulangerie et je demande un croissant. Si la boulangère me propose un pain au chocolat, je vais le refuser et lui re-demander un croissant. Tout cela dans le calme absolu. Je ne vais pas attendre le lendemain pour lui dire : » Au fait, je voulais un croissant hier « . Cela n’aurait aucun sens.
Pareil, si je vous donne l’heure et que vous me remerciez le lendemain, je ne vais pas comprendre de quoi vous parlez.
Comment rectifier un mauvais comportement ?
1
Demande initiale : attendre.
2
Le cheval fait une erreur. Il n'a pas le droit de rentrer dans votre cercle de sécurité.
3
Nouvelle demande : reculer.
4
Le cheval recule.
5
Reprise de la demande initiale : attendre.
6
Le cheval ne bouge plus, le cavalier peut s'approcher.
7
Le cheval est récompensé.
Félicitations !
On oublie qu’au quotidien dans nos interactions, nous utilisons la demande et la récompense pour communiquer. La seule différence est la nature de l’échange. Avec votre cheval, vous utilisez votre corps et le sien, au lieu des mots.
Bon, maintenant que vous avez fais connaissance avec l’impulsion. Allons la demander de ce pas à notre cheval !
